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De la solidarité familiale à la solidarité nationale au Sénégal

Posté par: Birame Ndiaye| Jeudi 13 septembre, 2012 18:16  | Consulté 4784 fois  |  0 Réactions  |   

Les sénégalais ont changé jusque dans leur élan clanique de concevoir la famille au sens traditionnellement large et d'en assurer solidairement la marche. Incidemment, ils voient en l'État la ressource et l'interlocuteur pour la satisfaction des besoins immédiats. Cette aspiration à un État providence correspond moins à l’émergence de nouvelles exigences qu’à l'extinction progressive des courants classiques d’entraide.

Les cloisons érigés par les reflexes culturels concentrationnaires s’écroulent sous les ordres muets du modernisme. La citoyenneté est devenue de facto le moteur social de partage et de communion. Une relation d’amitié civique s’installe entre les populations, laissant aux pouvoirs publics le soin d’en assurer la fluidité.

La tutelle parentale, autrefois prompte à protéger de sa générosité, exerce de moins en moins son rôle d'assistance au groupe. Ce phénomène social génère un coût insidieux sur les dépenses publiques dès lors que la redistribution des richesses passe davantage par l'intermédiaire de l'État.

Le volume sans cesse croissant des affaires pendantes devant la justice renseigne sur la disparition rampante des mécanismes traditionnels de règlement des conflits et la complexité des rapports sociaux. Les chefs de quartier ou les regroupements de chefs de famille, dans les « Grand-Place », ont pourtant servi de tribunaux de première instance dans bien des cas.

N'a-t-on pas souvent vu la famille élargie des campagnes venir s'enquérir de quoi survivre aux périodes de soudure auprès de leurs mentors des villes ? Nous pouvons voir dans le bris de ce lien de solidarité le principal catalyseur de l'exode rural répulsif.

Ce sont par des mobilisations ponctuelles ou structurées que les citoyens, imprégnés des valeurs républicaines inoculées, manifestent anonymement leur sensibilité aux situations sociales de détresse. L’État sénégalais est devenu, par la force de cette institutionnalisation des rapports sociaux, le principal intermédiaire de l’expression de la fraternité.

Le pouvoir central ne peut pas se dérober de cette impérieuse charge de sécurité publique. L’accompagnement de l’émancipation aux valeurs traditionnelles par une politique adaptée de soutien aux ménages et la décentralisation des services communautaires de proximité s’imposent. Il y va de la réduction des externalités sur les finances publiques.

Birame Waltako Ndiaye

 L'auteur  Birame Ndiaye
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Birame Ndiaye
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