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Dépravation des mœurs : Quand les femmes et la foule s’en mêlent

Posté par: Birame Ndiaye| Mardi 25 février, 2014 12:24  | Consulté 4818 fois  |  4 Réactions  |   

Les conditions matérielles de tempérance et de renoncement ont foutu le camp, les sénégalais sont rattrapés par la brutalité du désir et des passions de leur condition humaine. Ils ne sont pas plus dépravés, c’est qu’ils ne peuvent plus compter sur des remparts et balises socialement aménagés pour prémunir l’exubérance. Il a suffi que la suprématie des hommes décline, que les plus pauvres s’émancipent et que les perspectives d’avenir s’assombrissent pour que l’anonymat dans les centres urbains nous plonge, démunis, dans la quête désordonnée de reconnaissance et de gaieté.

La conquête expansive d’enchantement et de bonheur s’est simplement massifiée. Elle n’est plus l’apanage des hommes et des plus nantis. La bonne volonté des précepteurs et autres idéalistes n’y fera rien. Les hommes, autrefois auréolés, ont perdu le contrôle sur la mesure, le rythme et la direction des conventions sociales. Plus qu’un simple changement de repères, cette « crise des valeurs » traduit l’éclatement d’un système discriminatoire d’épanouissement et de plaisir.

La crise des valeurs est décriée aux quatre coins du pays comme si l’éventualité d’une cristallisation de la physionomie sociale était envisageable. Cette démarche contemplative et béate ne suffit pas à promouvoir l’idéal partagé de pureté et de piété. Les critères actuels de promotion individuelle exposent sans armure au relâchement dévergondé. Seul l’hypothétique rétablissement des conditions sociales de sobriété pourra ressusciter le regretté décor social aux allures et aux apparences exemplaires.

Les écarts, aujourd’hui décriés, avaient déjà cours légal dans les salons privés et autres lieux reclus. Ils deviennent seulement accessibles à un plus grand nombre en échappant au monopole de quelques factions. La bulle vient d’éclater en mile morceaux. Les femmes et les personnes défavorisées accèdent au domaine réservé, elles jouissent des « fruits défendus » et en colportent communément.

La gente féminine et les masses se rebiffent contre les astreintes à la retenue et à l’immobilisme. Les quelques régulateurs sociaux et moraux tels que la simplicité des unions et le plafonnage des convoitises sont noyés par le marché libéralisant. Libérées de la couronne de reine du foyer et précipitées dans les tranchées de la production marchande, les femmes sont davantage à l’écoute de leurs corps qu’à l’écoute des gardiens du temple. Elles s’autorisent, par la force des choses, des marges au-delà des balises qui contenaient, jusqu’alors, leur disposition à conquérir et à sentir.     

Les auxiliaires de l’ordre moral prônent l’adhésion aux valeurs telle une camisole de force à enfiler pour réprimer ravissement et sensualité étincelants. Ils perdent de vue que la posture du sénégalais nouveau tient davantage aux modalités d’accomplissement social qu’à  la froide appropriation des préceptes.

Célibataires endurcis par indigence chronique, enténébrées de désirs inassouvis et subtilement méprisés par leur entourage, Samba et Fatou s’affranchissent allègrement du diktat des conventions. Demba, de son côté, mystérieusement prospère, glorifié urbi et orbi et exempt de tout blâme pour solvabilité avérée, s’est toujours foutu des valeurs. Il les a toujours sèchement considérées comme instruments sur mesure destinés à contenir l’exaltation des plus vulnérables.

Birame Waltako Ndiaye

waltacko@gmail.com

 

 L'auteur  Birame Ndiaye
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Commentaires: (4)
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ACN En Février, 2014 (17:27 PM) 0 FansN°:1
Très bien dit couz. Tu me donne tjrs envie de te lire. Très enrichissant du reste dans la mesure ou ce texte montre que tu es vraiment au fait des maux qui ont déjà fini de gangrener notre société. Hélas!
Barousadio En Février, 2014 (13:28 PM) 0 FansN°:2
Hey Couz merci. je souscris à un abonnement à ton blog.
Anonyme En Février, 2014 (13:54 PM) 0 FansN°:3
j'adore quand c'est bien écrit. je viendrais svt vous lire...
Anonyme En Février, 2014 (20:35 PM) 0 FansN°:4
On dirait un concours où l'auteur prend malin plaisir à sortir tous les mots compliqué qu'il connait pour paraître plus instruit...Au final c'est imbuvable, fatiguant à lire.

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Birame Ndiaye
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