Seneweb.com Accueil |   Gerer ce blog   

Focus sur les exigences politiques d’une alternance

Posté par: Birame Ndiaye| Mercredi 23 août, 2017 02:08  | Consulté 2702 fois  |  0 Réactions  |   

Aussitôt sorti 4eme du scrutin, le Parti pour l’Unité et le Rassemblement (PUR) a revendiqué le statut de chef de l’opposition. Plus proactif que PUR, tu rafles la mise. Selon sa tête de liste nationale, El Hadji Issa Sall, trois facteurs ont concouru au succès du parti : son âge, son organisation et sa bonne campagne électorale. Alors qu’il est allé seul aux élections et que sa tête de liste est à peine connue, le PUR a réalisé cet exploit à cause de son discours officiel sur l’éthique, porté vers l’avenir et libre de toute insistance sur une personne en particulier. C’est au système, ne serait-ce qu’en apparence, que le PUR s’en est pris sans tambour ni trompette. Il a brisé le plafond de verre parce qu’il a su soigner son image au point de ne laisser aucun doute plané sur son indépendance vis-à-vis de l’establishment en général et de l’opposition classique en particulier.

Cette révélation des élections législatives doit édifier l’élite politique sur la démarche qu’il y a lieu d’adopter vis-à-vis de l’électorat. Tant que l’opposition sénégalaise s’attardera sur le passé et le passif de Macky Sall, de son gouvernement, de ses souteneurs et de sa famille, elle entrera dans le jeu qui lui fait passer pour envieuse et aigrie. Les modalités et les méthodes qui permettront de renverser le régime en place doivent surtout faire montre d’un engagement manifeste et miroitant à faire autrement et mieux depuis toujours. Il n’est pas exact de considérer que l’unité de l’opposition aurait été une carte gagnante contre Benno Bokk Yakaar. Certes, la dispersion a produit des externalités négatives, mais il en serait de même d’une alliance contre nature autour d’une cause obscure et suspecte destinée qu’à faire tomber le président de la république.

Quand un problème est posé sur la place publique, un débat est lancé et les citoyens sont interpellés afin de réfléchir et d’échanger. Cependant, le débat ainsi ouvert produit des effets politiques beaucoup plus déterminants que l’animation ponctuelle. Il mobilise les attentions et régente le sens de l’engagement militant à moyen et à long terme. Le Sénégal vient de connaitre l’une des pires élections de son histoire. Pour autant, puisqu’il n’est pas question jusque-là de demander et de mobiliser pour l’annulation du scrutin, il est temps de tourner la page et de se réorganiser pour les prochaines échéances. C’est ainsi qu’ il sera permis de dépasser l’amère déception handicapante. C’est de cette dynamique nouvelle que les militants seront résolument en ordre de bataille. L’objectif doit être clair. Faute de quoi, l’opposition en sera encore, dans 1 an, jour J moins 150, à chercher par quel moyen elle devra vaincre et par quel argument elle devra convaincre.

Cet embrouillement est d’autant plus troublant qu’il est difficile de faire la différence entre les activistes et les leaders politiques sénégalais : même procédé et même discours. Tant qu’il en sera ainsi, les populations ne verront en eux, sans distinction, que des agitateurs utiles néanmoins, aventureux quand même, inconséquents somme toute. « La politique, ça ne consiste pas à suivre le courant, mais à indiquer le cap. » Voyez-vous ? Les avocats de Khalifa Sall se substituent insidieusement aux camarades de ce dernier pour exhiber leurs sciences. Antériorité des faits, statut immunisant de parlementaire et autre lien accidentel de causalité, tout y passe. Pourtant, si tant est qu’il veut se présenter et percer aux présidentielles de 2019, le combat doit ouvertement paraître politique avant tout, ni juridique ni humanitaire. Autrement, tous les tiraillements ne seront perçus que comme des querelles de clocher, comme des cafards tirés de la nasse des bourgeois de la république.

Birame Waltako Ndiaye

waltacko@gmail.com

 L'auteur  Birame Ndiaye
Une faute d'orthographe, une erreur á signaler ? Une précision á apporter ? Ecrivez moi avec votre info ou votre correction et en indiquant l'url du texte.
Mots Clés: Opposition, Senegal, Alternance
Commentaires: (0)

Ajouter un commentaire

 
 
Birame Ndiaye
Blog crée le 05/03/2012 Visité 894039 fois 357 Articles 10139 Commentaires 48 Abonnés

Posts recents
Commentaires recents
Les plus populaires
Hey! Elle m’a appelé Tonton
Il était une fois un « kaw-kaw » à Dakar
Moubarack Lô! Expliquez-vous davantage
Aidez-nous, dites à Sidy Lamine Niasse de se calmer
« Musulmenteur »: entre culpabilité et délivrance