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L’électoralisme triomphant du président Macky Sall

Posté par: Birame Ndiaye| Samedi 25 février, 2017 01:02  | Consulté 332 fois  |  0 Réactions  |   

Les gouvernants répètent sans rire que « le temps de la justice n’est pas celui de la politique ». Les opposants leur répondent du tic au tac : « qui est fou? ». La question des relations entre l’Administration, le pouvoir judiciaire et l’exécutif ne saurait se réduire à une vision strictement juridique de subordination de l'un à l’autre. La saine articulation entre ces différentes entités est surtout question de mœurs et d’usages. C’est une nouvelle culture organisationnelle qu’il convient de promouvoir par la force de valeurs portées et promues.

Les reproches récurrents de manipulation sont toujours suivis de justifications officielles, les mêmes depuis toujours, formalistes comme tout. Aujourd’hui encore, ces dialogues de sourds occupent la place publique et opposent Macky Sall, l’instigateur actuel, et son opposition bousculée et déboussolée. L’effet ultime de l’harcèlement flagrant n’est pas de disqualifier tel ou tel adversaire. C’est plus cynique, beaucoup plus tragique. Il finira par perdre l’opinion, prise d’agacement, dans une vaste confusion des genres.

À chaque fois que la foudre mackysarde s’abat sur un leader de l’opposition, une voile se dresse et couvre tous les autres, freinant ainsi leur élan de conquête. Pourtant, le renversement de la tendance lourde au statu quo nécessitera un focus populaire sur un candidat en particulier. En étouffant l’ardeur citoyenne en direction d’un concurrent précis et potentiellement victorieux, le locataire du palais se donne une bonne longueur d’avance. Le doute s’empare de plus en plus des électeurs et les conforte dans l’idée que les politiciens sont tous pareils.

Nous sommes à 5 mois des élections législatives, et Macky Sall parvient encore à couvrir l’espace politique d’une épaisse fumée noire, faite d’accusations, d’intrigues et d’actions en justice. Ainsi, il n’a pas besoin de répondre de ses promesses non-tenues de rupture, de gouvernance sobre et vertueuse. Il le sait, il ne pourra s’en sortir qu’en profitant du morcellement de l’opposition et du désenchantement des populations à l’égard des acteurs politiques. Tant que ses détracteurs resteront sur la défensive, occupés souvent à témoigner de la sympathie les uns aux autres, il pourra compter sur un fort taux d’abstention et sur la prime à l’urne, performance supérieure à celle pressentie.

Pour une opposition de type nouveau, il faudra une nouvelle démarche qui se distingue carrément de ce qui s’est fait jusque-là. Il s’agit surtout de ne pas se laisser entrainer dans cette logique électoraliste des partis-États successifs. Victimes des assauts répétés du pouvoir, les opposants ont tendance à minorer leurs différences pour ne considérer que la volonté d’en découdre avec l’ennemi. « Le seul vrai courage en politique consiste à être fidèle à ses engagements sur le long terme, en refusant la fragmentation de ses actions par l'instant ».

En 2012, la contestation était beaucoup plus vive; Abdoulaye Wade était plus impopulaire que l’est Macky Sall actuellement. S’il s’agissait d’élections législatives, le PDS et ses souteneurs seraient pourtant majoritaires à l’Assemblée, forts de leurs 35%. Alors que le scrutin majoritaire est à deux tours dans l’élection du président de la république, il est à un tour pour élire les députés à l’échelle départementale (raw gadou). Au plan national, l’attribution des sièges se fait proportionnellement au nombre de suffrages recueillis et favorise du coup le parti au pouvoir.

Birame Waltako Ndiaye

waltacko@gmail.com

 L'auteur  Birame Ndiaye
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