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Nouvel attelage gouvernemental, même élan politique

Posté par: Birame Ndiaye| Mercredi 13 septembre, 2017 13:09  | Consulté 165 fois  |  0 Réactions  |   

Il ne pouvait en être autrement, Macky Sall, président de la République, s’est conduit en commandant-stratège dans le choix des membres du gouvernement. Il est difficile d’empêcher à un enfant de se comporter en bambin. De la même manière, il est chimérique d’envisager qu’un homme ou une femme politique se conduise autrement qu’en élu qui cherche à conserver le pouvoir. Si, dans l’idéal, l’intérêt général constitue la finalité de l’action gouvernementale, les moyens d’y parvenir, quant à eux, seront toujours à la solde des ambitions politiques. C’est la compétition en démocratie qui le veut et qui l’exige.

Aussi bien la personne d’Aly Ngouille Ndiaye que celle d’Ismaila Madior Fall ne rejoignent pas les attentes de l’opposition, ministre de l’intérieur neutre et volonté manifeste de promouvoir la liberté des juges. Néanmoins, des rattrapages qui restaurent le lien de confiance entre l’opposition et le pouvoir dans l’organisation, la supervision et le contrôle des élections prochaines sont encore réalisables. Pour rappel, c’est à 8 mois des présidentielles de 2012, que le président Abdoulaye Wade avait crée le nouveau ministère chargé de l’organisation des élections. Quant au fonctionnement de la justice, il est davantage question d’orientation et de mise en œuvre des réformes que de simple représentation ministérielle. La demande le plus en vue consiste à couper le lien ombilical qui existe entre le parquet et l’exécutif, conformément aux recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI).

Juger de la pertinence des choix du chef de l’Etat portés sur les hommes et femmes de l’équipe gouvernementale est difficile et très risqué. Les trois critères qui président à la désignation des ministres laissent aux observateurs une toute petite marge d’appréciation. Il s’agit des critères de compétence, de confiance et de circonstance. L’étude des circonstances relatives, par exemple, à la gestion des équilibres entre les régions et les religions, se fait avec beaucoup plus de commodité. Par contre, l’ensemble des éléments d’appréciation de la compétence et de la confiance est généralement hors de porté du grand public, malgré les présomptions qu’autorisent la réputation et le cursus des ministres.

Cependant, il était attendu de la formation du nouveau gouvernement que les acteurs politiques soient rassurés. C’est de ce point de vue que les limites de référencement des principes technocratiques déclamés solennellement urbi et orbi sont souvent négligeables dans les actes de gouvernement. Actuellement, au Sénégal, les deux domaines d’activité qui sont les plus à l’épreuve des contestations de l’opposition et de l’opinion publique sont : la gestion du processus électoral et l’administration de la justice. De ce point de vue, il y a à déplorer, dans la désignation des nouveaux ministres, l’absence de signal fort, de gage de bonne foi, d’ouverture et de dialogue.

Dans une sorte « d’exposé des motifs », le premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a parlé de « gouvernement de continuité ». Il faut espérer que, du point de vue de la marche de la justice ou plus précisément du déploiement du ministère public, que le principe d’égalité qui s’oppose à tout traitement différencié des personnes juridiques soit traduit en acte. Jusque-là, le régime semble ne se préoccuper que de l’application sèche du principe de la légalité, en brandissant des avis constitutionnels favorables et des articles de loi incriminant. Cela ne suffit guère à distinguer un Etat de droit. Il faut également que l’égalité des sujets de droit devant les normes juridiques et dans les poursuites judiciaires soit consacrée.

Birame Waltako Ndiaye

waltacko@gmail.com

 L'auteur  Birame Ndiaye
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