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Pour changer le Sénégal, il faut parler sénégalais

Posté par: Birame Ndiaye| Mardi 16 janvier, 2018 11:01  | Consulté 417 fois  |  0 Réactions  |   

C’est à se demander si l’appât du gain facile, meurtrier des volontés de gouvernance sobre et vertueuse sera un jour mordu, mâchonné puis vidangé pour de bon? Il aurait fallu que ceux qui prônent la révolution fassent avec les ressorts psychologiques du Système, l’ensemble des interactions sociopolitiques, pour ensuite se positionner à la plus haute sphère afin de mettre en œuvre leur projet de « Sénégal de tous et pour tous ». Les risques d’abdication qui guettent les bonnes volontés sont nombreux. Souvent, les acteurs finissent par se lasser au constat cognant de l’ampleur et de la robustesse de la machine sociale corruptrice, rouleau compresseur des vaines velléités de rectitude politique et administrative.

La question est de savoir quand est-ce qu’il faut s’envisager marginal dans le spiral nouant des pratiques d’enrichissement indu, ancrées et largement répandues. L'intelligence politique recommande que le remue-ménage soit annoncé ouvertement et exécuté à fond lorsque sa réalisation rencontrera les conditions de faisabilité. Jusque-là, tels des martiens, de bonnes volontés s’époumonent dans l'antichambre des théâtres d'opération. Endoctrinés, catéchisés, activistes et exaltés croulent sous le poids des quêtes chroniques de circonstance et d’intérêts immédiats. Il leur faut, dès lors, parler sénégalais ; c’est-à-dire minorer au maximum les sacrifices et le manque à gagner dans la déclinaison du projet d’un Sénégal nouveau.  

Il ne s’agit pas de s’ériger complice ou compère de qui que ce soit, fossoyeur ou fantassin. Il est question de taper là où ça fait mal, là où les marqueurs renseignent d’un progrès social à coût nul. On se rappelle encore de la phrase phare de Madior Diouf lors des élections législatives qui avaient précédé la première alternance. « Si on vous donne de l’argent, du riz et des tissus, prenez-les. Une fois dans l’isoloir, votez en âme et conscience. » Cette démarche est plus payante, beaucoup plus que celle de tous les agitateurs de bonne foi. Ces derniers souvent coupés des contingences sociétales et, au-dessus de la mêlée, veulent faire table rase tout de suite.

Sautillons, gambadons, indignons-nous jusqu’à nous arracher les ongles, c’est, en fin de compte, seulement au pouvoir que n’importe qui fera autrement et mieux. D’ailleurs, ce sera à la condition qu’il sache résister à la facilité et à la monstruosité des ordres domestiques, confessionnels et politiciens de continuation, d’immuabilité. Même au pouvoir, le promu justicier, si patriotique soit-il, sera à l’épreuve des résistances et des diabolisations de toute sorte. Il lui faudra une grande carapace et un gros blindage pour survivre jusqu’à ce que  le peuple finisse par se mettre à niveau et adhérer au projet de transformation sociale et d’organisation politique, séducteur par ses succès et ses effets bienfaisants, en définitive.

Le rétablissement du lien de confiance entre le peuple, les blocs, les travailleurs et la classe politique ne se fera qu’à la démonstration tangible de gouvernance juste et transparente. C’est, d’ailleurs, cela qui sape le processus démocratique et qui, à tort, fait dire à certains que les sénégalais ne savent pas ceux qu’ils veulent. Ceux qu’ils veulent dorénavant leur est inaccessible en dehors de l’exercice du pouvoir. Il leur faut, non plus des déclarations d’intention ni des gages de fidélité, mais des preuves de constance et de rigueur des maitres de poursuite,  des possesseurs de pouvoir et des gardiens de deniers publics. 

L’essentiel n’est pas de convaincre la minorité confuse, oiseuse et errante par des arguments jouissifs. De toute façon, elle jappe tout le temps mais n’a pas suffisamment de dent pour mordre à mort le monstre, système d’accaparement qu’elle nourrit très souvent d’ailleurs. En vérité, c’est se tromper de cibles et surtout de momentum que d’envisager des changements substantiels et durables par la voie classique et trop ordinaire du centralisme démocratique, diktat de l’élite sur l’élite. L'enjeu dépasse les élus et gouvernants, pris individuellement, chef de l'Etat, première dame, dame de compagnie, compagnie tout court.

Waltako

 L'auteur  Birame Ndiaye
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Birame Ndiaye
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