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Pour quel Sénégal roulons-nous ?

Posté par: Birame Ndiaye| Lundi 04 mars, 2013 17:35  | Consulté 2232 fois  |  2 Réactions  |   

Moussa Touré, économiste, réduit son analyse politique à l’approche comparative de Macky et de Wade, sans aller jusqu’à l’explication de la procrastination dans la marche du Sénégal. Cette propension  techniciste à cibler les symptômes plutôt que  la cause de l’étourdissement  au sommet de l’Etat détourne de l’enjeu essentiel d’accomplissement d’un idéal partagé et protégé par tous. Le Sénégal souffre de son passé imprévisible.

Le fossé entre l’aspiration républicaine et l’illusion entretenue d’un enracinement aux valeurs traditionnelles va croissant. Leurs ficelles se croisent de plus en plus et maintiennent les acteurs et témoins sociaux dans une effervescence puérile interprétée, à tort, comme un signe de dialogue. La frivolité des critères d’exercice du pouvoir explique le décalage répétitif entre la sèche appréciation républicaine et la pratique clientéliste des prérogatives de puissance publique.

Ceux qui, aujourd’hui, fustigent les dysfonctionnements attendent leur tour, et demain les rôles seront juste inversés. C’est fort d’une confiance et d’un charisme que le dépositaire de la souveraineté populaire pourra entreprendre l’impérieux travail de diagnostic du traumatisme social. Dès lors, seront réunies les conditions d’émergence des procédés  d’épuration et de renouvellement d’un idéal social collectif.

La définition propre des modèles culturel et économique pour la renaissance et le recouvrement de l’intégralité de l’homme sénégalais s’imposent comme un impératif d’intérêt public. Tant que les Sénégalais ne mettront pas lucidement le doigt sur le choix de société représentative de toute la complexité de l’héritage socioculturel, ils tourneront en rond avec l’illusion d’un changement imminent.

Notre idéal sociologique de justice sociale s’arrime-t-il avec les principes sécularisés de gouvernance politique ? L’exemple des passe-droits et privilèges accordés aux confréries est patent. Le choix de les institutionnaliser ou de les contenir s’impose, à tout le moins, pour l’égalité de traitement pour des services publics de qualité. L’incompatibilité entre l’égalité devant la loi et la conception patrimoniale des prérogatives de fonction dresse une distance du texte de son application.

Notre idéal de liberté offre le plus grand flou artistique. Tantôt encadré par les croyances religieuses et spirituelles, tantôt dirigé par la dynamique de progrès social. Il navigue sans destination, dans les eaux troubles de l’identité culturelle pêle-mêle.

Le traitement public de l’homosexualité en est le signe le plus éloquent. Silence radio quand vient le temps de mettre en pratique des textes de loi inspirés ça et là des valeurs fantasmatiques en déphasage avec la tendance avant-gardiste et néo-libérale. L’élite politique préfère raser les murs, tiraillée par les susceptibilités d’une part et la conception démocratique des libertés individuelles d’autre part.

Le défi ne consiste pas au changement de mentalité encore moins à imposer un quelconque mode de vie. Nous ne pouvons faire l’économie d’une précision des modalités de gouvernance et la prise en compte claire des réalités sociologiques et d’administration rigoureuse. Jusque-là, la mauvaise foi et la politique de l’usure ont guidé nos pas. 

 

Birame Waltako Ndiaye

 L'auteur  Birame Ndiaye
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Commentaires: (2)
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Mouhamadou diop on March 7, 2013 (09:53 AM) 0 FansN°:1
Ndiayenne ahh! ndiayenne attention. quand on est rassasié on peut vite ingurgiter, surtout qd ton nom est ndiaye et sonne aussi bien sérère que poular ou soninké. vois tu nous avons les m^mes préoccupations. les mêmes. ce n'est ni la volonté ni les textes encore moins un système de valeur qui nous manquent. Nous sommes très libres et très philosophes mais nous ne le savons pas. la plus belle explication de cette situation se retrouve dans ton texte. relis:Notre idéal de liberté offre le plus grand flou artistique. Tantôt encadré par les croyances religieuses et spirituelles, tantôt dirigé par la dynamique de progrès social. Il navigue sans destination, dans les eaux troubles de l’identité culturelle pêle-mêle. c'est le propre de la liberté que tu as défini. bref mon ami ndiayenne ce qui nous manque c'est la discipline. autrement l'inégalité, la déloyauté, la cupité et le détournement seront au menu de chaque conversation. bon apétit ndiayenne.
Birame Ndiaye on March 7, 2013 (14:25 PM) 0 FansN°:2
Sacré Ndiobène gourmand et insatiable ! J’ai voulu parler de la liberté, marge de manœuvre des pouvoirs publics. Elle doit être guidée par l’intérêt public et non par l’intérêt du public. Elle doit s’affranchir de toute velléité communautariste. Elle doit s’inspirer des textes et non des humeurs populaires.
Venez au Djoloff, on pourra vous nourrir de mil et d’arachide à volonté….

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Birame Ndiaye
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