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Résister à la tentation du piètre candidat le mieux placé

Posté par: Birame Ndiaye| Mardi 03 avril, 2018 22:04  | Consulté 331 fois  |  0 Réactions  |   

C’est parti pour reproduire exactement les mêmes scénarios et la même sortie qu’en 2000 et en 2012. Préférence accordée au supposé redresseur de tort le plus en vue. Advienne que pourra ! Tout, sauf le coupable de circonstance ! Semblent dire les chiffonnés, les contestataires et les plénipotentiaires de la rue négligée, des radios goulags et des réseaux sauvages. Et pourtant, les offres politiques alternatives sont variées. Certains profils sont empreints des seules faits d’armes de vie politicienne tandis que d’autres, davantage objecteurs de conscience, surgissent des drains de l’Administration.

Les élections de 2019 ressemblent, jusque-là, à toutes les confrontations électoralistes passées. Acculés, agacés et agressés par le pouvoir presque papal des délégués démocratiquement couronnés, nombreux des sénégalais jettent leur dévolus sur le plus à même de faire battre celui-là qui, à son tour, fait et défait les plaisants fantasmes jouissifs. D’ici à février 2019, Macky et ses affidés seront, à coup sûr, sur la sellette alors que les concurrents opposants se ménageront, par prudence et par prévision. C’est le prix à payer, croient-ils, pour en finir, au moins, avec la tyrannie des coupeurs de routes, élus accidentellement.

Cette tendance hégémonique est, en réalité, un commandement doucereux du système d’accaparement en régénérescence. Hélas ! Sans le moindre soupçon, c’est le système dénigré qui dicte et qui incite à cette vengeance infructueuse. Vindicte colportée, bâclée puis ratée parce que les attributaires de la puissance d’exécution, bourreaux et blâmables en même temps, ne sont pas suicidaires. Pour faire bonne figure, ils préfèrent tuer ceux qui leur ressemblent le plus d’une part et ceux qui ne leur ressemblent pas du tout, d’autre part.

Aboutissement, alternance ou alternative, trois offres saisissables comme pour s’exercer à différencier les parcours politiques de Macky, Idy et Sonko. Les deux premiers se ressemblent beaucoup. Dès lors, comment comprendre que les deux derniers s’assemblent pratiquement, ne serait-ce que de circonstance ? Tout compte fait, tant que les porteurs du changement radical ne s’élèveront pas au rang de casse-cous, quitte à viser proche, en n’espérant que reconnaissance et rectitude, ils feront le jeu du système, tout au plus. Ils alimenteront le mécontentement, ils ameuteront sans plus et avec beaucoup de succès les marginaux et les jusqu’au-boutistes. Finalement, ce sera pour le compte exclusif des tenants du système banania d’intendance des fonds publics, forces d’occupation cinquantenaire.

Sonko l’intraitable, Idy l’apparatchik et Macky l’apparatchik éprouvé, sur le même piédestal, seront-ils écoutés au même titre ? Tout est dans l’attente de l’opinion, dans le degré d’originalité de l’électorat. Faut-il continuer de rêver, de souhaiter, d’attendre de la masse une étude microscopique, sans les loupes intellectuelles indispensables ? L’absence des partis d'avant-garde se fait vraiment ressentir. Le niveau de conscience politique et la vitalité démocratique sénégalaise s’en trouvent vachement secoués jusqu’à accoucher de l'exigence simpliste du plus petit dénominateur commun, « Wakh sa Khalat ». Ainsi, les démagogues convoqueront le principe d’égalité de tous. De leur côté, les ambitieux invoqueront le sens des responsabilités.  

Le démissionnaire magistrat Dème a récemment déploré le choix récurrent des sénégalais porté malencontreusement vers les tenants du système, ne tenant pas compte de leur passé trouble. Il a raison. Pour les besoins d’une rupture, il faudra impérieusement distinguer et dénoncer nommément les promoteurs du tournage en rond. Sinon, le rouleau compresseur, monstre cinquantenaire, raide appareil immobiliste, phénix qui renaît toujours de ses cendres, ne s’en trouve que propulsé par ceux-là même qui le décrient sans cesse, en désespoir de cause. C’est à croire que la promotion de l’alternative véritable, telle celle des partis marxistes léninistes des années 80, ne doit pas être le pouvoir, en priorité. Elle doit cibler le rehaussement qualitatif de la conscience citoyenne. Mais ça, c’est trop demander à des pragmatiques et utilitaristes du 21eme siècle.

Waltako

 L'auteur  Birame Ndiaye
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Mots Clés: Sonko, 2019
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Birame Ndiaye
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